“It’s the best day, ever”

Eté 2010. 24 juillet. 1 journée (ou presque) pour publier une vidéo sur youtube. Une simple vidéo. Et avoir peut-être la chance, parmi les 4’500 heures de vidéos envoyées, d’être sélectionné pour faire parti d’un documentaire uniquement composé de vidéos youtube.
C’est le pari risqué du réalisateur Kevin Macdonald (récompensé aux oscar pour son documentaire “Un jour en septembre” et réa notamment du “Dernier roi D’Ecosse”). Produit par Tony et Ridley Scott (j’allais pas dire les frères Scott…), le film a reçu les acclamations du publique et des festivals comme le Sundance.
Pour ma part, j’avoue avoir été emporté par ce film, avec un voyage visuel et musical qui ne m’ont pas ennuyé. On commence de nuit, on se lève le matin, on déjeune, on lit le journal, et on vit sa journée. Chiant? Pas tant que ça!
Jusqu’à la moitié du film, je me demandais si on ne me montrait pas un bisounours movie avec des fleurs bleus un peu partout dans le ciel et des papillons. Tout est beau, tout est joli, du moins, c’était presque le cas lors de la première moitié du film. Sauf qu’à un moment, tout bascule avec la tragédie de la LoveParade 2010 (19 personnes mortes piétinées lors d’un mouvement de panique dans un tunnel). Kevin Macdonald n’hésite pas à montrer des images plus dures, avec la mort d’animaux, une personne se faisant tabasser etc. Le tout avec un rythme visuel et musical effréné, amenant le film a une apothéose très étrange. On nous montrait de très belles choses, certaines parfois tristes, mais souvent merveilleuses, et soudainement on vire dans quelque chose de difficile à regarder.
Il est bien évident que le film n’est pas un panorama de notre monde actuel, mais bien une véritable journée retracée par différents moments, certains anecdotiques, d’autres prêtant au sourire, certains tristes. Le réalisateur n’a pas hésité à s’attarder sur un jeune homme se rasant pour la première fois, un rencard amoureux sur skype, une maman luttant contre un deuxième cancer, un petit garçon sirant des chaussures dans la rue etc. Certaines personnes reviennent plusieurs fois dans le film, à l’image de ce coréen en vélo qui sillonne les pays en se demandant ce qu’il peut faire pour réunir les 2 Corée, donnant ainsi une trame scénaristique très accrocheuse. En revanche, on reste assez pudique mais pas tabou (pas de sexe ou presque, pas de nudité, pas de gros mots, des valeurs américaines présentes).
Tous les thèmes y passent: l’amour, la religion, le mariage, la naissance, la maladie, la tristesse, la joie, les traditions, la pauvreté, la richesse, et j’en passe! Pas de philosophie profonde, juste des personnes souvent uniques, mais qui ne seraient jamais passées dans un film en tant normal. Kevin nous pose de question à la Amélie Poulain (qu’est-ce qu’on aime? De quoi a-t-on peur? Qu’est-ce que l’on a dans dans poche?). Et puis, en tout fin de film, il y a cette dame, qui se dit qu’elle aurait voulu filmer quelque chose d’extraordinaire, ou montrer aux gens à quelle point sa vie est fantastique, or, ce n’est pas le cas, et elle le dit. C’est une fille normale, avec une vie normale, peut-être trop pour qu’on s’y intéresse. Or, c’est bien ce que le film essaie de nous montrer: que chaque moment de vie, du type qui prend un ascenceur à la dame luttant contre le cancer, sont tous intéressants.
Assez bateau, mais très bien montées, les séquences alternant la qualité supra professionnelle à celle du Natel passe comme une lettre à la poste (la musique est à couper le souffle!) et c’est avec envie que je vous motive à regarder ce petit documentaire d’1h30!
La chaîne Life in A Day (avec des vidéos des personnes 1 année après notamment!)
Alors je viens de le finir et il est vraiment génial! Certaines images sont d’une de ces qualités! C’est impressionnant
Certaines séquences sont plus dures à regarder, j’ai détourné la tête quelques fois… Merci de la découverte!
de rien! C’est vrai qu’il y a ce moment très trash vers la fin, avec la bande son absolument magique. Après, clair qu’il y a un gros travail de “professionnalisation” de l’image, mais le réa arrive à mettre une journée intéressante sans avoir besoin de mettre des trucs de malades à l’écran. Simple et beau!