Ou l’histoire de deux auto-stoppeuses en vadrouille.
Ils en pensent quoi les gens ?
Si tu demandes à un néo-zélandais si c’est une bonne idée de faire du stop, t’auras plusieurs sortes de réponses, mais toutes iront dans la même direction. Apparemment, c’est dangereux. Si c’est une femme à qui tu demandes, en principe c’est : t’es folle ?! Fais pas ça, surtout pas toute seule ! Jamais de la vie !
Si tu demandes à un type (comme un conducteur de bateau bavard, par exemple, au hasard), il te dira de prendre tes précautions. « Si tu vois que le type qui s’arrête a une sale tête, dis que y a ta copine qui est allée au toilettes et que malheureusement elle prendra sûrement bien 15 min et que ça vaut pas la peine d’attendre. Ou non, mieux ! Dis que c’est ton copain ! Qu’il est noir et bien musclé ! »
En revanche, si tu demandes à des touristes qui l’ont fait : « C’est hyper facile ! Vas-y, t’inquiètes pas ! Y a aucun soucis et t’attendras jamais très longtemps ! Et tu fais des rencontres extraordinaires, en plus»
Suivant les bons conseils que j’avais récupérés à gauche à droite, et par un hasard subit, je me retrouve avec une autre fille, au bord de la route, le pouce en l’air, nos sacs dans l’herbe.
Le profil de celui qui s’arrête pour prendre les auto-stoppeurs ?
Alors y a pas de «preneur d’auto-stoppeur» standard. Ils sont tous originaux. Bien souvent, ils ont quand même une chose en commun : leur voiture ressemble à une décharge et ils doivent prendre 5 minutes à ranger le merdier avant de pouvoir t’inviter à poser ton («tes» en l’occurence) gros sacs dans le coffre et à coincer tes jambes entre des montagnes de chenit que tu te demandes d’où ça vient. (Ma dernière expérience était une voiture louée depuis DEUX jours ! Pleine de frites et de détritus de nourriture et autres merdier pas possible.)
Bien sûr, c’est pas le cas pour tous. Il y a aussi la fille (ou le gars) avec un gros chien qui se fait mettre à l’arrière avec la courageuse qui devra monter sur la banquette arrière également…
Il y a aussi le type riche qui n’a rien d’autre à faire de sa journée et qui décide de nous montrer la région, son ancienne maison, de nous offrir une dégustation de vin et un repas de midi.
Il y aussi l’Anglais avec son campervan, qui, se trompant de chemin (forcément, c’était moi la co-pilote) nous prête sa tente car l’endroit où on débarque est au beau milieu de nulle part et il commence à faire tard.
Il y a aussi l’Ecossais qui a épousé une touriste néo-zélandaise en vacances et qui l’a raccompagnée dans son pays pour raser des moutons dans le pays des moutons.
Il y a aussi le vieux peintre avec son jeune apprenti qui rentrent du boulot, les salopettes pleines de peinture.
Et sinon y a celui qui te prend pour 250 kilomètres d’une traite, ou celui qui te demande :
Tu vas où?
Queenstown.
Mais ! T’es pas du tout au bon endroit ! Ici tu devras attendre trois plombes ! Allez, monte. Je t’amène où il faut.
Et hop, le gars prends 10 minutes pour t’amener au bon spot, pour retourner ensuite en arrière et aller où il voulait aller à la base. « Oh regarde ! Un autre auto-stoppeur ! Voilà, je te pose après lui, comme ça les gens qui auront mauvaise conscience de pas s’être arrêtés pour lui, s’arrêteront pour toi !»
Futé, le gars. Sauf que l’autre auto-stoppeur était très futé aussi. Il a marché le long de la route, m’a dépassée, s’est posé derrière moi, et…. s’est fait prendre avant moi. Le couillon. Comme quoi être une fille ou un gars, ça ne change absolument rien. Pareil, être à deux ou tout seul… aucune différence.
Des locaux ou bien des touristes ?
Eh ben y a absolument de tout.
L’avantage, si t’es pas tombé sur un Kiwi, (pas le fruit, ni cet oiseau étrange sans ailes, mais bien l’habitant de la Nouvelle-Zélande), mais sur un touriste comme toi : ils feront des arrêts dans les beaux coins pour prendre des photos et admirer le paysage.
Par contre les Kiwis, outre le fait qu’ils sont plus intéressants car ils t’expliquent deux-trois trucs sur la région («n’allez pas à Greymouth, les gens me ressemblent tous!». Oui les gars, y a pas que dans l’Intyamon qu’ils ont des problèmes de consanguinité, hihi), outre ça, donc, ils conduisent comme des cochons mais insistent pour que tu mettes ta ceinture. (ah ben ouf!)
Pas d’accident, ni de gros problème à signaler heureusement. Y en a bien un qui a tenté le coup de la panne, mais on a trouvé une station d’essence en dernière minute. Un autre, je pense pas qu’il ait fait exprès de faire fumer son capot. Heureusement, le gars savait exactement où rajouter de l’eau (je savais pas qu’on pouvait en mettre dans autant de trous dans le moteur! On en apprend tous les jours!).
En bref…
En bref, le stop, c’est cool.
Quand ça arrive qu’il faille attendre plus de 10 minutes, la petite joie de l’auto-stoppeur : se rappeler que chaque voiture qui passe et qui ne s’arrête pas a ensuite mauvaise conscience. Enfin… le conducteur. La preuve, quelques-uns on fait demi-tour pour venir nous rechercher! Ça, c’est le plus beau cadeau.
L’avantage sur le bus, c’est qu’en auto-stop, les gens te poseront toujours exactement où tu veux. Ils te poseront où ils savent que c’est un bon endroit pour continuer ou ils te poseront devant la porte d’un packpackers.
Voilà. Mon épisode auto-stop s’achève. Et mes anecdotes avec. Pas eu de déboires, malgré la hantise des gens. Bien sûr, on est jamais à l’abris de rien. Un sympathique Dutch rencontré en chemin avait aussi tenté l’aventure en stop. Un jour, un type s’arrête. Le Dutch ouvre le coffre, balance son sac, ouvre la portière avant, s’assied. Le type démarre. Et là, le regard du Dutch s’accroche sur quelque chose de… pas normal. Il se rend compte que le gars assis derrière le volant est en t-shirt et c’est tout. Comment ça «et c’est tout» ? Oui, et c’est tout. Il n’a pas de pantalon et laisse respirer sa marchandise à l’air libre. Gloup. Que faire ? Le Dutch essaie de faire comme si de rien n’était. Il lui demande de le déposer dans le prochain bled. Le gars est d’accord.
Rien de grave finalement, m’enfin imaginez le choc! Il y a des gens étranges partout. «Surtout sur la côte ouest de l’île du sud! Sont tous consanguins là-bas!» me dit une dame aujourd’hui. Apparemment c’est de notoriété publique. Ma parole.
Que de rires en tout cas. La grande aventure !
Du coup je me suis dit qu’en Suisse, je prendrai tous les auto-stoppeurs que je vois. Sauf que je me suis rappelé que non en fait, y a personne qui fait du pouce en Suisse. Ou alors c’est des gens qui craignent. Pas des petites filles gentilles comme tout comme nous. =)
Rajoutons pour les habitués du sport dans nos pays europoéens : en Nouvelle-Zélande, tu te muscles le bras gauche ! Ça change ! Si vous avez des questions ou quoi, si y a des gens qui veulent se rendre dans ce beau pays et ne savent pas trop comment voyager, n’hésitez pas à me demander touuut ce que vous voulez.
Salutations, à bientôt
