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Patti Smith, ou l’art en personne

Publié le 18 novembre 2012 par dans Musique Roman 4

Longtemps, trop longtemps. Il aura fallu attendre beaucoup de temps avant que je ne me motive à consacrer un article à Patti Smith, cette grande dame du rock. En fait, il aura fallu attendre que je la vois en concert et que, deux jours plus tard, je sois encore en train de me remettre de la grande claque que j’ai reçue.

Par où commencer, que dire de cette femme qui a survécu à tant d’artistes, qui est un emblème vivant d’une époque, que nous, petits jeunets, ne pouvons pas connaître mais dont nous nous disons héritiers?

Patti Smith, ce n’est pas une chanteuse. C’est une artiste, un point c’est tout. Une artiste totale. Poète, peintre, musicienne, muse, élément fondamental de la vague punk. Mais aussi une femme avec une sensibilité extrême.

Just Kids

Il faut dire que je me suis complètement immergée dans son univers ces derniers mois. D’abord par la lecture de son ouvrage Just Kids, relatant ses débuts à New York et surtout sa relation avec le photographe Robert Mapplethorpe. Just Kids, une immersion totale dans la scène artistique du New York des années 70, dépeint avec tant de tact et de finesse, comme si une amie te racontait ses souvenirs.

Mais cette lecture envoûtante s’est aussi accompagnée par l’écoute de ses nombreux disques. Mais avant d’être une chanteuse, Patti Smith est surtout une poète (qui a même fait un pèlerinage dans le village de Rimbaud dans sa jeunesse), d’où l’importance des passages “parlés” dans ses chansons et des nombreuses impros.

Horses

Cover par Robert Mapplethorpe

Son premier disque, paru en 1975. Et Gloria, une reprise commençant par ces mots emblématiques “Jesus died for somebody’s sins but not mine.

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Because the night

Son “hit”. Repris depuis à toutes les sauces, pour le meilleur et surtout le pire.
En version accoustique:

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Banga

Son dernier album. N’en extraire qu’une chanson pour “illustrer” cet article me paraît être un massacre. Car un album, pour moi, s’écoute en entier, du début à la fin, encore et encore. Surtout, cet album rassemble différents personnages, raconte diverses histoires. Un album qui se veut un reflet du monde complexe dans lequel nous vivons. L’album contient, entre autre, un hommage à Amy Winehouse (This is the girl), un autre à l’actrice Maria Schneider (Maria), toutes deux décédées en 2011, le voyage imaginé d’Amergio Vespucci vers le nouveau monde en 1497 (Amerigo), une chanson pour le Japon dans le sillage du tremblement de terre de l’année passée (Fuji-san), et une chanson d’anniversaire pour son ami Johnny Depp (Nine).

Constantine’s Dream

Mais surtout, il contient une méditation improvisée sur l’art et la nature. Constantine’s Dream (un rêve que tous les étudiants en histoire de l’art ou des religions devraient connaître, non?). Ma préférée, sans hésitation. Que j’écoute, encore et encore.

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Et est-ce que je vous ai dit que la frêle petite dame a 65 ans? Mais une telle présence, énergie et créativité que je ne peux que m’incliner. Oui, vous aurez compris, je suis fan. C’est une toute grande artiste. Un point c’est tout.

Par Robert Mapplethorpe, 1978